En Russie, la fragilité des entreprises se manifeste désormais dans les comptes, les investissements et les rémunérations. Selon les données attribuées à Rosstat, un tiers des grandes et moyennes sociétés suivies était déficitaire entre janvier et juillet 2026, tandis que les bénéfices cumulés des entreprises rentables reculaient de 16 % sur un an. Cette dégradation se diffuse à davantage de secteurs et atteint les salariés : près d’une entreprise sur deux envisagerait de supprimer la prime de Noël. Taux d’intérêt élevés, fiscalité accrue et ralentissement de la demande expliquent une partie de cette pression, dans une économie où les revenus énergétiques résistent mieux que la plupart des activités.
En bref
33 % des grandes et moyennes entreprises suivies par Rosstat ont enregistré des pertes entre janvier et juillet 2026, soit deux points de plus qu’un an auparavant.
Le nombre de secteurs déficitaires est passé de trois à onze, avec des difficultés marquées dans la métallurgie, la construction et l’industrie automobile.
Près de la moitié des sociétés interrogées ne prévoit pas de verser de prime de fin d’année à ses salariés.
Les taux d’emprunt proches de 20 % dans certains cas, les impôts et la faiblesse de la demande réduisent la rentabilité et freinent l’investissement.
Les hydrocarbures, l’agroalimentaire et la pharmacie résistent mieux, mais la croissance économique prévue reste inférieure à 1 %.
Russie : un tiers des entreprises déficitaires, une rentabilité sous pression
Les chiffres dressent le portrait d’une économie où la fragilité n’est plus confinée à quelques sociétés en difficulté. Entre janvier et juillet 2026, 33 % des grandes et moyennes entreprises couvertes par les statistiques de Rosstat étaient dans le rouge. La proportion progresse de deux points en un an. Dans le même temps, le total des bénéfices réalisés par les entreprises rentables a diminué de 16 %, signe que les sociétés qui gagnent encore de l’argent disposent de marges plus étroites.
Ces indicateurs ne signifient pas que toutes les entreprises russes connaissent le même scénario. Les moyennes et grandes structures suivies ne représentent pas chaque acteur de l’économie, et les résultats varient fortement d’un secteur à l’autre. Mais la combinaison d’une part croissante d’entreprises déficitaires et d’une baisse des bénéfices agrégés révèle un affaiblissement plus général de la rentabilité. Une société peut encore afficher un chiffre d’affaires élevé tout en perdant de l’argent lorsque ses coûts progressent plus vite que ses ventes.
Le changement le plus notable concerne l’étendue des difficultés. D’après les données de Rosstat rapportées par Izvestia, onze secteurs sur 79 ont enregistré un résultat financier négatif, contre trois l’année précédente. La métallurgie, le travail du bois, l’extraction de minerais, la construction automobile, les loisirs et l’assurance figurent parmi les activités touchées. Cette évolution compte davantage qu’un simple mauvais résultat isolé : elle indique que les tensions se propagent au-delà d’une branche particulière.
Pour comprendre cet effet de diffusion, il suffit d’observer les liens entre fournisseurs, clients et prêteurs. Une entreprise de construction qui réduit ses commandes affecte ses sous-traitants, les fabricants de matériaux et parfois les transporteurs. Si ces partenaires ont eux-mêmes des coûts de financement élevés, une baisse de revenus peut rapidement se transformer en problème de trésorerie. La dégradation des comptes devient alors un risque pour toute une chaîne économique.
Le cas de Severstal illustre la vitesse à laquelle les résultats peuvent basculer dans un secteur cyclique. La compagnie sidérurgique a déclaré une perte de 4,7 milliards de roubles au premier semestre, alors qu’elle avait réalisé 43,6 milliards de roubles de bénéfices sur la même période l’année précédente. Ce contraste s’explique par un environnement moins favorable à la demande et aux exportations, mais aussi par les charges nécessaires pour maintenir la production.
Dans une analyse d’entreprise, le déficit annuel ne suffit pas à mesurer la solidité réelle. Il faut également examiner l’endettement, les échéances de remboursement, les stocks et la capacité à répercuter les hausses de coûts sur les clients. Quand ces leviers se dégradent simultanément, une perte temporaire peut devenir une crise durable. La statistique centrale n’est donc pas seulement le nombre d’entreprises déficitaires, mais l’élargissement des secteurs où la rentabilité devient difficile à préserver.
Prime de Noël et primes salariales : les salariés ressentent le ralentissement
Les difficultés financières des entreprises quittent les bilans pour atteindre les rémunérations. En Russie, près de la moitié des sociétés interrogées par le cabinet Aktion Bukhgalteriya ne prévoit pas de verser de prime de fin d’année, selon des informations relayées par Forbes dans sa version russe. La prime de Noël, lorsqu’elle est habituellement intégrée aux pratiques de rémunération, représente une somme concrète pour les salariés. Sa suppression peut donc peser sur le budget des ménages au moment où les dépenses de fin d’année augmentent.
Une prime n’est pas nécessairement garantie de la même façon dans toutes les entreprises. Son montant et son versement peuvent dépendre des résultats, des objectifs internes ou des décisions de la direction. Lorsque les bénéfices diminuent, les employeurs cherchent souvent à réduire les charges qui ne sont pas fixes. Les primes salariales deviennent alors un ajustement rapide, particulièrement si la société souhaite éviter des licenciements immédiats ou préserver sa trésorerie.
Cette décision n’est toutefois pas sans coût. Une rémunération variable qui disparaît peut altérer le moral des équipes, accroître le départ des employés les plus recherchés et compliquer le recrutement. Dans les secteurs où les compétences sont rares, réduire les primes peut produire une économie immédiate, mais créer un coût différé si les départs entraînent des retards ou obligent à former de nouveaux salariés. La direction doit donc arbitrer entre une baisse de dépenses à court terme et la continuité de l’activité.
Une entreprise industrielle fictive de taille moyenne permet d’illustrer ce mécanisme. Si ses ventes progressent moins vite que prévu, tandis que ses intérêts et ses coûts d’approvisionnement augmentent, elle peut geler une prime collective pour préserver son fonds de roulement. Les salariés voient alors un élément de leur rémunération disparaître, même si l’usine continue de fonctionner et si les salaires de base sont maintenus. Ce décalage entre activité visible et fragilité financière explique pourquoi la situation peut être mal comprise de l’intérieur.
Pour les ménages, la suppression des primes peut également réduire la consommation. Si de nombreux employeurs limitent simultanément les versements, les dépenses consacrées aux achats saisonniers, aux loisirs ou aux services peuvent reculer. Les commerçants, déjà exposés à une demande plus hésitante, risquent alors de subir une nouvelle baisse de recettes. Le phénomène peut ainsi tourner en boucle : les entreprises réduisent les rémunérations variables, les ménages dépensent moins et les entreprises clientes enregistrent à leur tour une activité plus faible.
Les indicateurs de rémunération doivent donc être lus comme un signal économique autant que social. Une prime supprimée n’annonce pas mécaniquement des licenciements, mais elle révèle que les employeurs cherchent à ajuster leurs dépenses. Pour suivre l’évolution, il convient de distinguer les décisions ponctuelles des changements durables dans les politiques salariales. La prime de Noël devient un thermomètre de la trésorerie des entreprises et du pouvoir d’achat des salariés.

Taux d’intérêt, impôts et demande : les causes des pertes financières
Le coût du crédit figure parmi les facteurs les plus souvent avancés pour expliquer la dégradation des comptes. Des entreprises empruntent à des taux avoisinant 20 %, selon le chercheur Vladimir Eremkin cité par Izvestia. À ce niveau, le financement d’un équipement, d’un stock ou d’une nouvelle ligne de production devient beaucoup plus coûteux. Une part croissante des revenus doit servir au paiement des intérêts plutôt qu’à l’investissement ou à la rémunération.
Les taux élevés modifient aussi les décisions avant même qu’un prêt soit accordé. Une entreprise peut repousser l’achat d’une machine, renoncer à agrandir un site ou différer un projet d’automatisation si le rendement attendu ne compense plus le coût du financement. La baisse de l’investissement en capital fixe, donnée à 10 % sur un an pour le premier semestre dans les informations rapportées par Izvestia, traduit cette prudence. Les reculs sont particulièrement signalés dans la métallurgie et le génie civil.
La politique monétaire s’inscrit dans une longue séquence de tensions. Après l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la Banque centrale russe avait porté son taux directeur à 20 % pour stabiliser les marchés et contenir les risques financiers. Elle a ensuite maintenu une politique restrictive afin de freiner l’inflation. Des baisses ont été engagées à partir de l’été 2025, mais les informations disponibles indiquent que le taux directeur était encore de 14 % lors de la réunion de septembre évoquée dans les données. L’inflation, mesurée à 6,4 % en septembre, demeurait supérieure à l’objectif de 4 %.
La fiscalité ajoute une contrainte supplémentaire. Le taux d’imposition des sociétés a été relevé de 20 % à 25 %, tandis qu’une taxe exceptionnelle de 30 % a concerné les bénéfices jugés excédentaires de certaines sociétés minières. Les entreprises doivent donc composer avec des charges financières élevées et une ponction fiscale accrue. Les ménages sont aussi concernés par la hausse de la TVA mentionnée dans les données, ce qui peut renchérir certains achats et limiter leur capacité de consommation.
La demande en berne complète ce tableau. Une société confrontée à des coûts plus élevés peut essayer de relever ses prix, mais cette stratégie ne fonctionne que si les clients acceptent de payer davantage. Dans un marché où les ménages réduisent certaines dépenses et où les entreprises clientes reportent leurs commandes, la hausse des tarifs peut accélérer la perte de parts de marché. Le dirigeant doit alors choisir entre préserver sa marge unitaire et maintenir ses volumes de vente.
Une lecture pragmatique des comptes doit ainsi isoler plusieurs variables : coût de la dette, évolution des impôts, prix des intrants et carnet de commandes. Une baisse de rentabilité peut résulter d’un seul choc, mais le cumul des pressions réduit la marge de manœuvre. Les entreprises ne font pas face à une difficulté unique : elles affrontent simultanément un crédit coûteux, une fiscalité plus lourde et une demande moins prévisible.
Économie russe : des secteurs gagnants et des secteurs fragilisés
La crise n’est pas uniforme. Les hydrocarbures conservent une position relativement favorable, aux côtés de l’agroalimentaire et de l’industrie pharmaceutique. D’après les chiffres de Rosstat cités dans les informations disponibles, les producteurs de pétrole et de gaz ont dégagé 2 500 milliards de roubles de bénéfices, soit environ 26,7 milliards d’euros, en hausse de 51 % sur un an. Cette progression contraste avec les pertes observées dans plusieurs activités industrielles.
Les revenus énergétiques restent cependant exposés à des risques qui ne dépendent pas seulement des cours internationaux. Les attaques visant des infrastructures sur le territoire russe peuvent perturber la production, le raffinage et l’acheminement. La hausse des prix provoquée par les tensions au Moyen-Orient a fourni un soutien aux producteurs, mais les dommages infligés aux installations peuvent réduire une partie de cet avantage. Un secteur bénéficiaire n’est donc pas nécessairement à l’abri de chocs opérationnels.
Les exportations de diesel évoquées dans les données montrent également la différence entre une annonce commerciale et un levier macroéconomique majeur. Un accord attribué à Donald Trump et au Kremlin porterait sur la fourniture de 2,25 millions de barils. Reuters estime les recettes correspondantes à environ 357 millions d’euros. Ce montant reste faible au regard des pertes de 23,8 milliards d’euros que Vladimir Poutine aurait attribuées aux frappes contre les raffineries, soit l’équivalent de 1 % du PIB selon cette estimation.
À l’inverse, la métallurgie illustre la vulnérabilité des activités dépendantes de la demande intérieure et des débouchés extérieurs. Les pertes sectorielles sont estimées à 269 milliards de roubles, soit environ 2,87 milliards d’euros au taux de conversion indiqué. Une baisse des commandes, combinée aux charges d’emprunt, peut contraindre les producteurs à réduire leurs dépenses ou à utiliser davantage leur trésorerie. Les conséquences se propagent ensuite aux fournisseurs de pièces, aux transporteurs et aux territoires dépendants des sites industriels.
Les secteurs de la construction et de l’automobile sont eux aussi sensibles au coût du crédit. Pour un constructeur, le financement pèse sur les chaînes d’approvisionnement et les investissements en capacité. Pour un promoteur, des taux élevés peuvent ralentir l’accès des ménages aux prêts immobiliers et réduire le nombre de projets économiquement viables. Dans les deux cas, les entreprises peuvent se retrouver avec des coûts fixes difficiles à absorber lorsque les ventes ou les nouvelles commandes diminuent.
Comparer les branches exige donc de regarder au-delà des chiffres de bénéfices. Les hydrocarbures peuvent soutenir les recettes nationales sans rétablir automatiquement la demande dans la construction ou la métallurgie. Les industries alimentaires et pharmaceutiques bénéficient souvent d’une consommation plus régulière, mais elles restent exposées aux coûts logistiques et aux intrants. La résistance de quelques secteurs amortit le choc, sans effacer les déséquilibres des activités les plus endettées ou dépendantes de l’investissement.
Moins de 1 % de croissance : les limites du modèle économique russe
Le ralentissement de la croissance donne une dimension macroéconomique aux difficultés des entreprises. Les prévisions du Fonds monétaire international citées dans les données évaluent la progression de l’économie russe à 0,9 % en 2026 et en 2027. Ce rythme est nettement inférieur aux hausses proches de 4 % observées en 2023 et 2024, portées par une forte mobilisation de l’investissement et de la dépense publique. Le passage d’une croissance rapide à une expansion faible change les perspectives des entreprises : les occasions d’augmenter les ventes deviennent moins nombreuses.
Cette dynamique est parfois décrite comme un « keynésianisme militaire » : la dépense publique consacrée à la défense soutient l’activité et la production de certains secteurs, mais ses effets ne se répartissent pas de manière égale. Les entreprises directement liées aux commandes publiques peuvent bénéficier d’une demande soutenue, tandis que les activités civiles subissent la concurrence pour les travailleurs, les capitaux et les ressources. Thomas Graham, chercheur au Council on Foreign Relations, estime que ce modèle atteint ses limites lorsque la hausse de la dépense ne se traduit plus par des gains durables de productivité.
Les budgets militaires annoncés accentuent cet enjeu. Les informations fournies évoquent une dépense équivalente à 178 milliards d’euros pour la défense en 2027, en hausse de 32 % par rapport à 2026. Une telle allocation peut soutenir des commandes et des emplois dans certaines branches, mais elle ne remplace pas automatiquement les investissements civils dans les technologies, les infrastructures ou les biens de consommation. La question n’est pas seulement le volume des dépenses, mais leur effet sur la capacité productive à long terme.
Le défi démographique renforce cette difficulté. Une main-d’œuvre qui se contracte limite la capacité des entreprises à augmenter leur production, surtout si les compétences techniques sont rares. Sans équipements plus performants, automatisation ou innovations, chaque salarié doit produire davantage pour maintenir la croissance. Or les dépenses de recherche et d’innovation restent un point faible souligné par Thomas Graham : la Russie ne figure pas parmi les dix pays qui investissent le plus dans l’intelligence artificielle et occupe le 60e rang dans l’indice mondial de l’innovation mentionné par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.
La comparaison historique rappelle que les déséquilibres ne sont pas uniquement liés aux événements récents. Selon l’analyse citée, l’économie russe n’avait pas pleinement retrouvé une trajectoire robuste après la crise financière mondiale de 2008-2009. Sa croissance cumulée aurait été inférieure à 10 % durant la décennie précédant la guerre, contre plus de 25 % pour les États-Unis. Ces chiffres doivent être interprétés dans leur cadre propre, mais ils soulignent l’importance de la productivité et de la diversification au-delà des revenus de ressources naturelles.
Pour les entreprises, une croissance nationale inférieure à 1 % signifie un environnement où les débouchés peuvent progresser moins vite que les charges. Les décisions d’acquisition, d’investissement et de restructuration doivent alors tenir compte de la qualité des bénéfices, de l’endettement et de la dépendance aux commandes publiques ou aux exportations énergétiques. Le défi central de l’économie russe est de transformer les revenus disponibles en gains durables de productivité, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des dépenses qui soutiennent la demande à court terme.
Ce que les chiffres impliquent pour les entreprises et leurs salariés
Pour évaluer une société dans cette conjoncture économique, le résultat net ne doit jamais être isolé du reste de son bilan. Une entreprise peut afficher des pertes financières tout en conservant assez de liquidités pour honorer ses échéances, ou présenter un bénéfice comptable sans disposer de trésorerie suffisante. Les investisseurs, fournisseurs et salariés ont donc intérêt à distinguer la rentabilité affichée de la capacité réelle à financer les opérations quotidiennes.
Les principaux signaux à surveiller sont concrets. Le recul des bénéfices, l’augmentation des intérêts, la baisse des investissements et la suppression des primes peuvent révéler une détérioration progressive. Aucun indicateur ne suffit seul à prévoir une fermeture ou une vente. Leur accumulation, en revanche, aide à repérer les sociétés qui perdent leurs marges de sécurité.
| Indicateur | Évolution rapportée | Lecture économique |
|---|---|---|
| Entreprises déficitaires | 33 % entre janvier et juillet 2026 | Une part importante des sociétés suivies ne couvre pas ses coûts par ses revenus. |
| Bénéfices cumulés | Baisse de 16 % sur un an | Les entreprises encore rentables dégagent moins de résultats. |
| Secteurs déficitaires | Onze, contre trois l’année précédente | Les difficultés s’étendent à davantage de branches. |
| Prime de fin d’année | Près de la moitié des entreprises interrogées ne prévoit pas de la verser | Les économies de trésorerie atteignent la rémunération variable des salariés. |
| Croissance prévue | 0,9 % en 2026 et en 2027 selon les prévisions citées du FMI | Le contexte limite les perspectives d’expansion à court terme. |
Pour une direction, la réponse ne consiste pas nécessairement à couper toutes les dépenses. La priorité est de séparer les coûts indispensables à la continuité de l’activité des projets dont le rendement est devenu incertain. Renégocier des échéances, réduire les stocks excessifs ou concentrer les investissements sur les équipements qui diminuent les coûts unitaires peut préserver la trésorerie sans sacrifier entièrement la capacité future.
Les salariés peuvent, de leur côté, suivre plusieurs éléments de manière pragmatique : la régularité du versement des salaires, les retards de paiement des fournisseurs, les changements de calendrier de production et l’évolution des primes salariales. Une suppression ponctuelle de la prime de Noël ne signifie pas à elle seule qu’un employeur est proche de la fermeture. Mais si elle s’accompagne d’un recul des commandes et de réductions d’investissement, le signal devient plus sérieux.
Les banques et les partenaires commerciaux ont également un rôle d’observation. Le renouvellement d’un crédit peut être plus difficile si les bénéfices se contractent et si les taux restent élevés. Dans ce cadre, des entreprises autrement viables peuvent être fragilisées par une crise de liquidité. Les échanges de délais, la transparence sur les commandes et la qualité des prévisions de trésorerie deviennent alors déterminants pour éviter qu’un ralentissement temporaire ne se transforme en rupture de paiement.
Les chiffres disponibles ne décrivent pas un effondrement uniforme de toutes les activités russes. Ils montrent plutôt une économie polarisée, où quelques secteurs bénéficient de conditions favorables tandis que de nombreuses entreprises affrontent un financement coûteux et une demande moins dynamique. Pour mesurer la solidité réelle d’une société, il faut désormais regarder ensemble ses marges, ses intérêts, ses investissements et sa capacité à conserver ses salariés clés.
Quelle proportion des entreprises russes est déficitaire ?
Selon les données de Rosstat rapportées pour la période de janvier à juillet 2026, 33 % des grandes et moyennes entreprises suivies étaient déficitaires, soit deux points de plus qu’un an auparavant.
Pourquoi les entreprises russes suppriment-elles la prime de Noël ?
La baisse des bénéfices, le coût élevé des emprunts, les hausses d’impôts et une demande moins dynamique incitent certains employeurs à réduire les rémunérations variables afin de préserver leur trésorerie.
Quels secteurs de l’économie russe résistent le mieux ?
Les hydrocarbures, l’agroalimentaire et la pharmacie affichent une meilleure résistance dans les données citées. Cette situation ne les met toutefois pas à l’abri des risques liés aux infrastructures, aux coûts et aux marchés.
Quelle croissance est prévue pour la Russie en 2026 ?
Les prévisions du FMI mentionnées dans les informations disponibles évaluent la croissance à 0,9 % en 2026, un rythme très inférieur aux progressions proches de 4 % enregistrées en 2023 et 2024.


